Le Voyage de Loungta 2010-2011

28 décembre 2012

Loungta Repart !

Depuis le 27 décembre, Loungta à un nouveau capitaine prométeur : départ de Martigues le jour même de l'achat, vers Gibraltar et la Bretagne Nord, avec force 8 annoncé dans le golfe du Lion :-)

 

Bon vent (et du bien fort comme il aime) à Guirec dans ses futures aventures polaires... envoie des photos!

damienhalle@gmail.com

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04 août 2011

04 Aout - Loungta est à vendre!

Après cette trépidente année de voyage, il est temps de se re-poser au boulot...ou de prolonger l'aventure avec d'autres moyens;

Et comme prévu dès le départ, nous revendons notre fidèle monture, avis aux amateurs d'aventure!

Depuis l'accostage au mois de mai, gros nétoyage et pas mal de petit bricolage, tout est paré à repartir... même sans nous :-(

Voyez plutôt l'inventaire, il y a du matos et vous pourez aller loin! Nous n'avons pas, malheureusement, eu l'occasion de traverser le Pacifique, mais en Mer rouge nous sommes resté trois semaines sans toucher terre en autonomie complète.

Loungta est visible à Port Maritima, à Martigues (13). Il est à sec, sur bers, mais nous aurrions grand plaisir à vous le faire essayer!

 

Contactez:

- Midir 06 12 99 55 23

- Damien 06 16 67 08 65 / 04 42 23 25 60       damienhalle@gmail.com

                         SG107967 SG107961

 

 

SG107959 SG107953

                           SG107928 SG108526

SG107944 SG108529

                          SG107879 SG107913

 

SG107932 SG107940

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Inventaire LOUNGTA

LOUNGTA

. Modèle : Scorpion 9

. Matériau : Acier

. Longueur : 11,73

. Tirant d'eau : 1,2m/2,1m

. Armé en : Hauturier

. Bau : 3,40

. Type : Voilier de voyage

. Architecte : Joél Stabilie

. Déplacement : 8000 kg

. Prix : A votre bon coeur

 . Année : 1985

 

 

Aménagements:
1 grand carré avec trois places de couchage.
1 cabine double à l'avant très vaste de 2m X 1,80m (2 personnes)
1 cabine tribord arrière de 2m50 de long par 1,2m de large (1 à 2 personnes).
1 cabine babord avec wc  et local technique

Transformation  possible du cockpit en couchette double sous le tau (à la belle étoile).
Vache à eau 160 litres + 50 litre de secours en jérican (conso boisson+cuisine : 3l/pers/jour).

1 douche extérieure sur la jupe (eau douce)
1 wc marin avec cuve à eaux noires (obligatoire pour naviguer dans certain pays)
1 cuisine avec 2 éviers (eau douce et eau salée)
2 feux ENO, bonbonne de gaz butane 13Kg (environ 6mois de cuisine quotidienne à deux).
1 frigo 80 litres, bien isolé : peu fonctionner en permanence grâce au panneau solaire.
Chauffage à air pulsé sur réservoir de gasoil.
1 grande table à carte avec tabouret confortable amovible

Très nombreux rangements.

 

Moteur(s) :
Moteur Perkins modèle Perama M 30 cv, refait en 2005, en ligne d’arbre avec hélice tripale.
Nombre d’heures total du moteur: 980 heures
2 alternateurs marine (1 pour la batterie de démarrage, un pour les batteries de service)

Injecteurs neuf 2010 et boite de vitesse neuve 2010
360 litres de gasoil : 280 dans la quille et 80 en réservoir intermédiaire

Coupe orin sur arbre d’hélice (modèle homologué par les assurances).

 

Voilure et gréement :
Grée en cotre, gréement NORTHMAN

1 étai (génois sur enrouleur) + 1 étai largable (trinquette)
2 pataras, tension réglable
1 trinquette
1 tourmentin
1 génois enrouleur de 2005 (bande anti UV changée 09/2010)
1 grand voile lattée à 4 ris, de 2005. Prévoir de la changer si vous partez pour un long voyage.

1 Spinnaker 96m2 (2009)
1 tangon
Ancien génois et ancienne grande voile de secours.
Toutes les manœuvres sont ramenées au cockpit mais peuvent également (pour les drisses) être exécutées au pied du mat. Le bateau peu se manœuvrer seul.

Equipement électrique :
1 testeur et calculateur de charge batterie
Tous les feux sont en led
2 alternateurs « marine » (50w et 75w) pour batterie moteur et batteries auxiliaires
4 batteries de 105 AmpH ( soit 420 AH)
1 batterie moteur de 75ampH

1 panneaux solaires de 95 wc sur portique

Régulateur de charge pour panneau solaire

Appareils de navigation :
1 GPS traceur avec lecteur de carte Navman de 2005. Quelques cartes fournies.
1GPS portable de 2005
1 radar JRC 1000
1 navtex Furuno de 2005
1 VHF fixe navman de 2005 + 1 VHF portable étanche 2010

Ordinateur IBM spécial marine avec logiciel et bases de données mondiale MAXSEA.

Loch –speedo-sondeur navman de 2010 et girouette-anémomètre Navman de 2005.

Pilote automatique Autolem 4000 relié au GPS

Régulateur d'allure BEAUFORT de 2005, modèle Orion

Sécurité :
Armement complet de plus de 6 milles, Survie bombard de 2005 (prévoir révision).
3 gilets autogonflant + 2 gilets en mousse
1 guindeau électrique 1000 watts.
80 mètres de chaîne de 10 mm avec ancre MPI de 20 kg
Ancre arrière FOB LIGHT (8 kg équiv. à 20 kg) avec chaînette et cablots 200 métres.
8 défenses

Barre franche de rechange

3 extincteurs neufs 2011

Accessoires :
Annexe avec moteur Honda 4 tps 2005 (100h environ) de 4 cv + Ancre 50m
Portique arrière au dessus d’une grande jupe, idéale pour baignade, plongée.
Easy bag + lazy jack
Frein de bôme Walder
Hard Top rigide de 2008 en composite (hyper utile dans le gros temps !)
1 paire de béquilles d’échouage de 2008 en aluminium, rétractables

Lecteur de CD MP3 Sony avec entrée auxiliaire (Ipod, etc.). Enceintes Pioneer neuves 2011.

En option : Compresseur de plongée BAUER Poséidon, ergonomique dans le cockpit (val. Neuf 2700€).

 

Commentaires :


Ce bateau vient de naviguer 11 mois en Atlantique, Méditerranée et Mer Rouge (juillet 2010-mai 2011)

Maintenu en très bon état par un entretien constant (peinture, gréement, moteur, winchs, bois, etc.), il est prêt à reprendre la mer.

Il y a une dizaine de scorpions à l'heure actuelle autour du monde.
Le Scorpion 9 répond au programme dit de « grande croisière hauturière», simplicité et confort à la mer. Son déplacement mi-lourd procure des mouvements doux à la mer et son tirant d’eau modéré permet des mouillages moins fréquentés ou mieux abrités.
Ce n’est certe pas un bateau pour faire de la vitesse (moyenne 4,5 kts vérifiée sur 10 mois, vitesse max 8-9kts), mais il est maniable (malgré son poids !), robuste, et offre une bonne stabilité de route à toutes les allures. Le régulateur d’allure vous soulagera beaucoup en quart et économise beaucoup d’énergie (et de problèmes) par rapport au pilote automatique.
Construction solide : double bouchain en acier, coque, pont et rouf en éléments de grande longueur, formés à froid et soudés recto verso. La coque acier garantie une grande sécurité en cas d’abordage ou d’échouage, et facile à réparer dans n’importe quel port.
Le bordé est soutenu par 14 lisses longitudinales en plat 40 x 5
Le pont est supporté par16 barrots en plat 50 x 5 et 10 lisses
La dérive et le saumon et l’étrave sont renforcées en tôle d’acier de 5 mm.

La semelle est en 15 mm. Le lest est constitué de plomb.
L’aileron porte safran est repris très sérieusement sur 2 varangues et il a été compensé pour l'ajout des 200 kg de lest
Le bateau peut être mis à sec par échouage sans aucun problème avec ses béquilles alu.
Le bateau et le moteur ont été totalement refités et ré-aménagé en 2005, voir http://voiles.blogspot.com/

 La jupe qui a été rajoutée à cette époque procure un grand confort d’accès à l’eau.

 

 

Travaux récents 2010-2011 :

 

Expertise à sec et prise de compression moteur décembre 2009 (rapport disponible)

Expertise d’épaisseur de coque juin 2010 (rapport disponible)

Sablage juin 2010 puis epoxy  JOTUN, 2 couches, puis antifooling JOTUN, 1 couche.

Anodes neuves 2010

Remise à neuf du cablage et de l’étanchéité de l’anémomètre

Révision moteur aout 2010, remplacement des trois injecteurs par des neuf.

Boite de vitesse neuve nov. 2010

Alternateur auxiliaire neuf mars 2011

Bois du cockpit en Ipé et Sapélli, neuf juin 2010, traité régulièrement à l’huile de lin.

Echelle de jupe renforcée pour la plongée.

Nettoyage et traitement des pléxiglass, mai 2011.

« Presse étoupe » à bague céramique hydrolube, ensemble neuf de mai 2011.

Antifouling refait en juin 2011.

 

 

A prévoir :

 

-       Révision classique de la survie Bombard

-       En cas de départ pour un long voyage, il serait sage d’envisager une GV neuve, mais ce n’est pas obligatoire, l’actuelle pouvant encore tenir longtemps.

 

 

 

 

 

 

 

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30 avril 2011

29 avril 2011: Enfin chez soi

Le quart du matin est pluvieux mais le soleil se lève et a midi nous déjeunons au soleil et prenons un bon bain tracté par la corde derrière le bateau. Nous tentons une levé de spi, occasion d’une nouvelle enguelade avec Midir qui veut le monter avec le moteur, ce qui ne me parait pas justifié (et pas très « voile ») et je lui dit simplement ce que je pense. Les nerfs sont à fleur de peau, vivement que l’on arrive… Le spi se tient gonflé pendant une petite heure puis sous les 3 nœuds nous remettons le moteur, contrairement a nos habitudes, mais cette fois tout le monde a envie d’en finir, même mon frère qui vient d’arriver qui aimerai bien être à l’anniversaire d’Anaïs samedi soir. Tendu mais jouable, surtout si nous visons Toulon.

Farnienté sur le pont en plein soleil, derniers délices avant la tempête d’est force 7 prévue pour cette nuit.

Dans l’après midi nous traversons une zone surprenante : des millions de petites « méduses » qui dressent leur curieux « pétale » comme une voile au dessus de la surface. Les poissons lunes se régalent, et nous sautons à l’eau en espérant nager avec eux.

La soirée se passe avec saucisson bières fraiche, et la mer et le vent commencent à monter vers 22h et Tim se sens moins bien.

Les quart de nuits sont moins éprouvant à trois : nous faisons une rotation pour être toujours deux sur le pont, le vent d’est peut être méchant et nous avons méchamment envie de discuter avec Tim, qui lui a plutôt envie de dormir !

Nous prenons le 4ieme ris en fin de nuit, génois complètement roulé, et au petit matin le foc nous pousse a 7 nœuds sur les crêtes de vagues au large de Toulon. Finalement avec ce bon vent arrière, autant poursuivre jusqu’à La Ciotat ou mes parents pourront nous retrouver, plutôt que d’arriver de si bonne heure ou personne ne nous attend.

On se coordonne par téléphone, et vers midi nous sommes en vu du port, sous spi ! Derniers bain en pleine mer. Je voudrais garder le spi le plus longtemps possible et l’affaler juste à l’entrée du port. Mais pour ne pas risquer une dernière « fritade », je laisse Midir le descendre raisonnablement et arriver au moteur, la loose… mais quel plaisir d’apercevoir enfin mes parents, après plus de 6 mois, et mes grands parents, après presque un an, nous faire des grands signes au bout de la jetée ! C’est un peu cliché, comme dans un film, mais jubilatoire. Dernière manœuvre impeccable pour nous glisser en marche arrière entre deux bateaux qui nous aident et sous les yeux ravi de la famille. Enfin on saute a terre, c’est la fin les embrassades tant attendues ! Seul regret, que ma petite sœur enceinte et Gaël ne puissent être là.

Champagne, déjeuner avec les Pousthomis, et l’annonce de mon mariage avec Semahr en Erythrée… enfin, je ne pouvait plus tenir ma langue! Vous imaginez les réactions…

L'aterrissage est un délice, chouchouté par les parents, au soleil de provence, nuits complètes sur un matelas secet mouelleux, le mal de terre vite passé. Il faut maintenant ramener le bateau Martigues, y bricoler pour le revendre, arriver à repartir en Erythrée... Une nouvelle vie commence!

FIN du voyage de Loungta

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29 avril 2011

28 avril 2011: Retrouvailles fraternelles

Lever avant l’aurore, juste juste, j’enfile un t-shirt et grimpe quatre à quatre l’immense escalier qui monte a l’assaut de la forteresse. Je bifurque vers le pertusano, m’enfonçant dans les chemin du maquis qui par endroit forment un véritable tunnel sous la broussaille. Magnifique lumière de l’aube sur les falaises, je reste fasciné a chaque fois que le chemin propose un point de vue. Je dédie cet instant béni à Chrystelle avec qui j’avais rêvé faire pareil voyage.

Je me promène en ville a l’heure des chats et des mouettes ou tout n’est que silence, calme et espèrances. Puis vient l’heure des artisans, des maçons et des bricoleurs qui retapent comme des fourmis les milliers de maisons abruptes de ce gigantesque édifice historique qu’est Bonifacio.

Je repasse aux Glénans mais Boubou n’y est plus…

Je savoure mon premier pain au chocolat, encore chaud, depuis des mois !

Quelques courses plus tard et dernière flânerie dans le dédale des fraiches ruelles, puis nous voilà repartit : le fait de partir sans payer nous donne des ailes, en 1 minute le moteur est démarré, la barre apprêté et les amarres larguées. C’est pas très honnête, mais personne n’est venue nous voir et même Midir n’est pas allé à la Capitainerie. Et puis nous n’avons utilisé ni eau ni électricité ni douche ni WC, juste un petit coin de quai en béton qui sans nous serait rester désert. Bon, tous ça ce ne sont pas des excuses, je l’assume, mais les sous sont comptés.

Nous partons au près des la sortie de la calle, mais le vent est un peu faible pour faire du cap, et nous mettons au moteur jusqu'à la pointe suivante, d’ou nous tirons un long bord vers l’anse de Figari. Midir veut encore changer les plans de l’arrivée, et partir en train de Marseille dimanche a 8h du mat… et moi je fait quoi du bateau ? Je le ramène tout seul Martigues… A priori c’est techniquement facile et sans danger, mais outre que j’aimerai bien ne pas finir le voyage comme ça, je n’en éprouve pas de plaisir à naviguer tout seul. Bref, je n’y vois pas d’intérêt, je préfèrerais attendre qu’il redescende de Gap.

Mouillage au pied de la tour génoise, bain frais et  ballade a terre. Nous donnons nos derniers coup de rames dans cette petite annexe qui à tant bourlingué, et qui pour finir ne fuit plus, fidèle jusqu’au bout ;  Accostage sur un ruban de sable blond bordé de maquis plus dense que de la jungle tropicale, nous remontons une prairie fleurie pour allez visiter la tour, passant sous d’énormes bloc de granits sculptés par le temps. La vue du sommet embrasse un vaste paysage d’eau limpide au taches turquoises bordé d’un tapis brodé d’une mosaïque de vert, celui foncé des chênes liège, a celui vif des sistes et des lauriers.

Après une marche lacérante entre mer et broussailles, nous arrivons au petit port de Ponticello, deux quais et une trentaine de bateaux, capitainerie fermée évidement. Et deux cabines téléphoniques ! J’appelle ma mère qui me dit que mon frère pense venir, et je l’appelle dans la foulé ! Je n’arrive pas à le joindre et nous partons, emmené par la brave nourrisse des chats du coin, vers le village de Ponticello, ou nous prenons une petite bière au bar « natio ». Je cherche à rappeler mon frère, mais pas une cabine téléphonique. Les commerçant disent ne pas avoir le téléphone… finalement c’est la gentille boulangère qui nous mettra en contact : et il vient à l’improviste, il va tenter de nous rejoindre ce soir même dans ce port perdu ! J’espère qu’il ne sera pas malade en mer…

Quelques courses complémentaires pour nourrir trois ogres, puis nous prenons a pied la route bucolique du retour au port. Un couple sur un cata qui ne navigue pas nous font don de deux cachets de « mer calme » pour Tim.  Il est convenu que l’on le retrouve au port vers 22h30, et nous repérons les lieux de l’accostage tout en discutant avec les pécheurs.

Diner chez Mikka, l’hymne de « Brulez la paillote » dans les oreilles et des boutades corses pour accompagner la délicieuse pizza. Quand nous sortons il se fait tard et la nuit est tellement noir que nous avons du mal a distinguer la route. Heureusement une voiture nous indiquera que nous venions de dépasser l’embranchement pour la tour. Je commence à être pressé car Tim va arriver dans le port désert et se poser des questions, qui plus est je n’aime pas faire attendre les gens. S’en suis une stupide altercation verbale avec Midir, violente mais vite oubliée. Je suis quand même a deux doigts de retourner au port par la route pour retrouver mon fréro au plus vite.

Mais je reconnais le chemin, nous ne somme plus qu’a 200m de l’annexe, et ce sera plus rapide en bateau. La mer est totalement lisse et l’ancre est vite sur le pont, je prend la barre des mains de Midir qui tergiverse encore pour savoir la route à prendre dans cette obscurité totale. Je me guide dans le secteur blanc du phare du port, et quand nous passons devant la jetée Tim est là au bout ! Avec l’excitation, je m’y reprend a deux fois pour me mettre a couple d’un autre bateau le temps que Tim saute a bord, et c’est repartit. Cette fois on rentre à la maison. Au moteur d’abord, et personne ne veut aller se coucher… Moi trop heureux d’avoir mon frangin et Midir une autre tête avec qui discuter.

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28 avril 2011

27 avril 2011: gavage corse

Dieux que c’est bon de sentir la France se rapprocher…le vent nous aide un peu et bientôt nous apercevons les cotes sardes, puis corses ! Maintenant c’est l’odeur du maquis qui sèche au soleil qui viens nous chatouiller les narines. Mêmes effluves et mêmes sensations de plénitude et de jubilation qu’au large d’Ithaque en décembre. Mais au plaisir de la découverte s’est substitué l’excitation tintée de mélancolie du retour au pays, du retour surtout dans une ile et une ville lourde de souvenir heureux, de bon temps passé avec des gens qui sont si loin de moi maintenant. Un stage aux Glénans au départ de Bonifacio pour un inoubliable tour de corse. C’était en vue de ce voyage justement, pour peaufiner mes connaissances très limitées de la voile. J’y rencontrait Chrystelle, qui finalement partit sans moi dans le grand nord, parcourir l’Alaska et ses fleuves gelés.

Nous passons devant les Lavezzi rosée sous le soleil couchant, puis sous la falaise de Bonifacio et ses maisons perchées comme des mouettes, fières comme des corses, défiant l’envahisseur depuis leur forteresse imprenable.

Arrivé au crépuscule dans le port de Bonifacio, tout est prêt bien a l’avance… grande hâte d’arrivée, j’en trépigne sur le pont et scrute dans tous les sens aux jumelles cette terre splendide et chérie : GR 20 avec Julie et Sarah, Traversé du désert des Agriates avec Fabrice et Arnaud, Randonnée Maré et Monti avec Isa…

Nous nous amarrons là ou nous trouvons de la place, et sautons a terre avec bonheur. Pour une fois Midir n’insiste pas pour aller voir « Les Autorités »… mais plutôt pour aller boire une bière devant le match de foot !

Sur le chemin du retour nous craquons : en passant devant le Kissing Pigs, resto ou j’avais terminé gastronomiquement mon stage glénans, nous nous laissons tenter par une assiette de charcuterie. Puis par une bouteille de vin corse. Puis par une assiette de fromage… craquage complet. Mais durant ce voyage, les folies de ce genre se comptent sur les doigts d’une main. Même avec Isa ou Maguelonne, encore moins avec Semhar je n’ai fait de dépense fastueuse.

On se fait plaisir et on se couche heureux de corps et d’esprit. Le vin est bon, et Midir me dit qu’il a hâte de ne plus voir ma gueule pendant quelques semaines :-)

 

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27 avril 2011

26 avril 2011 : Nos tempêtes

Pas tempête mais pas loin : on trace à 7 nœud avec 4 ris, le génois à moitié enroulé, c’est adire qu’il ne doit rester qu’un petit quart de sa surface. Mais les vagues ne sont pas trop mauvaise et le régulateur arrive la plupart du temps a barrer tout seul Je passe quand même 2h à la barre et fait prés de 15 miles (!) mais j’ai un peu mal aux mains !

Le vent tombe progressivement tandis que les grains se succèdent, et c’est tant mieux, j’ai plus envie de tâter du force 7. C’est nerveusement et physiquement éprouvant, même si on  n’a pas grand chose a craindre en vent arrière si on reduit bien la voilure, quitte a se mettre a sec de toile comme en Algérie (ou on avait pris force 9)…

J’ai des souvenirs mitigés des diverses tempêtes que l’on a essuyé au cours du voyage, mélange de satisfaction, presque de fierté, et d’humilité, de repentance pour notre témérité…

La première ce fut en mer d’Irlande, une queue de tempête en fait puisque l’on s’était réfugier à temps à Penzance en attendant que le plus gros passe. On a pris un bon force 6 dans une mer forte, froide et pluvieuse, mais nous étions 4, les dauphins sautaient des crêtes des vagues pour se jeter dans les creux, et durant la pire nuit, le déroutage pour aller recherche une femme tombé à la mer nous fit oublier un peu nos propres « malheurs ».

La seconde et la seule vraiment dangereuse, ce fut en Algérie. Le vent est monté soudainement, juste avant le soleil, je me souviens de cette écume qui s’est soulevée sur toute la surface de la longue houle pour en faire un tapis blanc et noir, et tout le bateau qui s’est mis a siffler et a gémir dans le vent tout a coup glacial. Sans que je m’en rende compte le paysage est devenue hallucinant, le bateau a pris une vitesse folle et la houle s’est raidie, commençant a déferler inondant incessamment le cockpit. En quelques minutes j’ai du mettre a sec de toile et n’arrivait même plus a diriger le bateau qui se mettait tout seul travers aux vagues mais du mauvais coté ; il filait a 6 nœud vers les hautes falaises à moins de 3 milles. Je criais pour réveiller Midir qui fut très vite opérationnel et eu la présence d’esprit de lancer le moteur quand je lui conseillais de lancer un May-Day. Avec le moteur a fond nous réussîmes a diriger le bateau et a fuir vers la baie de Bejaïa ou nous serions un peu abrité… puis la tempête est tombée aussi vite quelle était montée.

La suivante ce fut je crois celle au large de Zachintosh lorsque nous avions cassé la boite vitesse. Donc pas de moteur. Pourtant nous avions laissé passer un première tempête, nous réfugiant sur la splendide ile de Zachintosh pendant trois jours. Le quatrième nous partîmes au spi puis le vent est tombé, et c’est en mettant le moteur que la boite de transmission nous a lâchée. On  a donc attendu le vent, à la dérive en pleine mer, puis quand il est monté on a décidé de partir vers Katakolon, au plus court, et ou le guide nous disait qu’il y avait un bon mécano. Mais le vent a tant forci que les bords de prés se sont mais a faire des angles déprimant, puis carrément angoissant : à 220° nous n’avions plus vraiment le choix de notre direction et quoique nous faisions nous nous rapprochions dangereusement de la côte. Cette fois encore le moteur nous a peut être sauvé, car même détérioré la boite de vitesse nous à permis de gagner un nœud, et donc quelques degrés de cap salvateur… L’arrivé au port sans moteur fut également folklorique.

Ensuite nous avons pris du gros vent, pas vraiment une tempête, en descendant de Crète vers l’Egypte. Mais la encore nous étions 4, c’est plus facile, surtout avec son amoureuse !

La suivante, c’était en revenant d’Assab vers Massawa, après avoir luté 8 jours contre un force 5 dans le nez, puis attendu en vain le vent favorable pour passer le Bab el Mandeb… le retour fut rapide, sans doute notre records de vitesse sur 2 jours : 6-7 nœud de moyenne plein vent arrière avec GV seule et trois ris, des vagues qui déferlaient au ras de la jupe sans réussir a nous rattraper et les haubans qui sifflaient joyeusement. Fatiguant, stressant, mais jubilatoire.

Enfin la dernière en date, la dernière tout court inch Allah, c’était en revenant d’Egypte vers la crête, même condition qu’a l’aller : un bon force 6, mais cette fois dans le nez, accompagné d’une houle levée par un force 8 au large de la Libye. Spectacle divin, sublime que ces crêtes abruptes devenant soudain bleu translucide et s’écroulant devant nous dans un bruit de tonnerre et un nuage d’écume, recouvrant parfois complètement le bateau. C’est sur la fin de la tempête en essayant de récupérer notre cap  au prés serré avec toute la toile que nous avons déchiré le génois en enfournant dans un gros paquet de mer…

Voilà, 6 et ça suffit, maintenant nous aspirons plus au calme pour bricoler a fond et avoir un bateau présentable avant l’arrivée ! Au moment ou j’écris ces lignes Midir s’est vaillamment attaqué au nettoyage du puis de dérive plein de jus de frigo et de graisse déguelasse qui sort d’on ne sait ou… sale boulot, mais nécessaire : ça refoulait parfois et les effluves n’étaient pas franchement appétissantes !

Le vent est tombé et nous traçons au moteur vers Bonifacio, à 90 miles.

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26 avril 2011

25 Avril 2011 : Tempete pas tempete ?

Je prends mon quart à 2h00, nous sommes toujours toutes voile dehors. La météo prévoyait que ca devait monter vers 2h00 justement… 2h10, je prend deux ris, roule un peu de génois, je suis en sueur : pas le temps de me rafraichir, c’est le vent qui fraichit : 2h20 je prends les 4 ris et roule plus de la moitié du génois. L’anemo ne descend plus en dessous de 20 nœuds et pourtant nous filons déjà à 6-7 nœud, par l’arrière. Un bon force 6, qui ne dure que deux heures, puis se stabilise à 15 nœud relatif. Je re-déroule prudemment un peu de génois… et je peux souffler.

Je continue ma lecture de l’ancien testament et me prends à prier Dieux que tout se passe bien, à le remercier pour ce petit vent favorable en lui demandant de nous épargner le gros de la tempête. Partager entre l’assurance de s’en sortir et l’excitation d’en découdre avec les éléments, il y a un peu de crainte : de se blesser, de casser quelque chose. Un peu de peur aussi : chaque tempête est différente des autres, unique : selon qu’elle nous arrive de face, nous rattrape par derrière ou nous prends de travers, selon que les vagues déferlent que la grosse houle soit lissée par le vent, selon qu’il pleuvent ou que l’on ai les étoiles pour barrer, tant de paramètres qui peuvent faire basculer entre plaisir et cauchemar. Vivement que l’on tâte de celle là ! Pas complètement maso quand même, nous faisons cap au nord pour éviter de passer dans l’oeil du cyclone, la petite tache jaune sur la carte de « passage weather » (le site internet de météo que nous avons consulté à Lipari).

Mais de toute la journée le vent ne remontera pas à 20 nœuds. A un moment Midir est tenté de mettre le spi pendant que je dors mais s’en abstient : bien lui en prends car dans la nuit ou l’on ne voit pas les nuages arriver, le vent peut forcir vite, et sous spi seul sur le pont ça me paraît une connerie. Et effectivement le vent forci. Juste de quoi reprendre quelques ris, pour ne pas s’endormir !

La nuit tombe, et Bonifacio n’est « plus qu’a » 200 miles.

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25 avril 2011

24 avril 2011 : Messine sous spi et Dolce Vita

IL est 2h du mat quand nous sortons enfin devant Scylla, toujours sous spi ! … Mais pas complétement rassuré : le vent n’a pas cessé de monter et dans la partie la plus étroite nous filons 8 nœuds entre les cargos, qui nous donnent de temps en temps un coup de projecteur halluciné auquel nous répondions par de grand « coucou » des deux bras… sauf celui qui barre fiévreusement, évidement !

Nous mettons cap à l’est, plein travers sous génois, vers Lipari l’éolienne. Mais le vent tombe et durant mes trois heures de quart nous nous baladons a moins d’un nœud devant la cote de Milazzo. Je ne veux pas mettre le moteur. Je fini par craquer au bout de 5h, au moins ca peut servir a pécher car j’ai changer les ligne de traine : on a rien péché depuis trois ou quatre semaines ! Puis je passe la main à Midir qui fini sa grasse matinée.

Lentement, voile à nouveau déployée, nous arrivons en vu de Lipari :Stromboli, Vulcano, Etna nous entourent, c’est le pays des volcans actifs. Lipari au printemps : aussi vert qu’en novembre quand nous nous y étions arrêté avec Tim, Anne et Maguelonne. Tout aussi chaud également, mais plus agité : nous retrouvons la même place de port gratuite a coté des pécheurs, mais cette fois la police nous signifie qu’on ne peut pas rester. On bouge au sud, toujours gratuit, et filons en ville avant qu’ils ne reviennent, le bateau « gardé » par deux minots auquel je file à chacun un Nakfa d’Erythrée, ils sont super content !

Que la saison est cruelle, l’air frai et doux et les filles si belles ! Cruelle pour celui qui ne peux, qui ne veux s’arrêter quand tout pousse au farnienté et à la dolce vita au terrasse des cafés. « Ca rappelle Port Soudan » dit ironiquement Midir ! Quel contraste en effet. Ca serait presque dommage que la météo soit propice à partir, car on resterait bien là une soirée à faire la fête. Nos seules folies : une bière Moretti, et une fortune passé sur internet, charmé par la tenancière du seul hotel ou nous réussissons a nous connecter. Je rassure Semhar par email qui s’inquiète beaucoup de la réaction de mes parents à propos de notre mariage. Je réussi a téléphoner à Marion que je me propose de retrouver a Ponza mais elle est au fin fond de la jungle en cote d’Ivoire ! Tant pis, nous ne nous arrêterons pas a Ponza alors ! Et nous reprenons la météo : merde, alors le temps est tout juste bon pour partir ce soir : il y a du vent, force 7 localement 8 annoncé en mer Thyrenienne, et c’est dans le bon sens ! Juste le temps d’écrire quelques cartes postales avec les derniers timbres (espagnol et portugais !) que j’ai retrouvé au fond du bateau, de passer chez l’accastilleur pour acheter de quoi bricoler pendant la traversée, et nous voici sur le pont : fiévreusement nous nous préparons à la tempête avant d’appareiller : ciré et botte, foc endraillé, matériel de spi rangé et bien arrimé, c’est partit. La fleur au fusil. Partagé entre l’excitation, l’assurance et la perplexité : est ce vraiment une connerie ou non ? Sur le quai ou nous ont escortés les gendarmes (pour les papiers) les badauds circonspects nous regardent nous affairer. Tous les bateaux ont quittés le port pour se réfugier juste au nord, mieux abrité, et Loungta est le dernier encore amarré. Plus pour longtemps, au coucher du soleil nous nous élançons sur une mer déjà bien formée mais dans un vent presque décevant : nous filons à peine à 4 nœud toute voile dehors au travers.

Nous doublons Lipari et c’est toujours le « grand calme », enfin façon de parler, nous avons connu pire.

Cap sur la Corse, la prochaine étape sera en France, nous rentrons à la maison !

 

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24 avril 2011

23 Avril 2011: Le Dieu des tortues

Nouveau quart de nuit a 4h. Toujours au moteur… l’annémo est collé a zéro nœud, malgré nos 4 nœuds de vitesse, et pas une ride ne trouble la surface du miroir onduleux sur lequel nous glissons. Je redessine à la main sur Maxsea le trajet de Loungta depuis le départ de Bordeaux le 7 Juillet. C’est immense et je n’en fait qu’une infime partie, car je veux être sur le pont pour regarder, comme tous les matins sans aucune exception depuis le départ, la magie du lever d’un nouveau jour. Midir se lève, on discute, on se baigne, on lit… comme d’habitude.

Je retrouve au petit matin un nouvel oiseau mort sur le pont. Sont ils allergiques au sésame comme le suggère Midir ? Je ne le crois pas, car nous en croissons malheureusement de nombreux autres qui flottent inanimés, mortellement fatigué par le folle migrations. Certain s’arrêtent sur le pont mais repartent aussitôt, sans chercher le repos, sans chercher la boisson ni le couvert que nous leur offrons pourtant bien en vu dans de petits couvercles de fer.

Vers midi j’aperçois à 100m sur notre gauche deux étranges objets flottants : je prends les jumelles et crois distinguer deux tortues… énormes ! Je crie à Midir assourdi en bas par le bruit du moteur : « Ya quelque chose la » ! Il faut dire que la veille nous avions fait demi tours sur presque un mile pour se retrouver face à une vielle bouée en plastique noire… Demi tour donc, et a 30m il me semble que ce ne sont pas des tortues, plutôt des objet en plastique… Soudain ils se mettent à bouger puis a plonger ! Nous distinguons dans l’eau translucide deux tortues qui plongent vers les abysses. Patience, elles vont refaire surface ! Effectivement 20 secondes plus tard l’une d’elle sort a tribord. Cap dessus, moteur au point mort, GV qui faseille. Je suis prêt a plonger, masque à la main, mais elle replonge et disparaît. 1minute plus tard, c’est à 100m devant l’étrave que nous distinguons une forme oblongue et voutée, comme la première fois. Mais ce coup ci nous nous approchons lentement, puis coupons complètement le moteur a bonne distance et avançons sur notre erre : c’est bien une tortue ! Cette fois elle ne plonge pas, c’est nous qui plongeons, délicatement depuis la jupe et nageons quelques dizaines de mètres en crawl, abandonnant le bateau au beau milieu de l’océan. Je réussi a m’approcher moins d’un mètre, c’est même elle qui s’approche, j’ai l’impression qu’elle va me pincer de son bec puissant mais non, simple curiosité nonchalante. A ses cotés nage un poisson de belle taille que je n’avais encore jamais vu, qui doit se nourrir des reste de ses repas, de ses lambeau de peau ou de ses excrément… et qui peut être en une parfaite symbiose lui sert de gouteur pour ne pas s’étouffer avec les trop nombreux sacs plastiques qui trainent dans cette mer ! Mais pendant que nous nous extasions sur la tortue, le bateau lui continue sa course, certes lentement, mais sur sa lancé, aidé par la grand voile qui profite du très très léger souffle d’air qui apparaît par moment. Drôle de sensation…un peu angoissante, vous vous en doutez! Je réalise notre légère « inconscience ». Il suffirait que la brise se lève… immédiatement je fais demi tour et rejoint d’un crawl éperdu notre bonne vielle planche de salut ! Ouf, il y a bien un dieux avec nous !

Petite salade de tomate, dernière bière et sieste dans le hamac, lecture, exercices et étirements, quatre baignades plus tard et nous sommes en vu des cotes italiennes ! Zut, je ne retrouve plus ma carte sim Italienne... j’ai bien celles du Portugal, d’Espagne, du Maroc, de Tunisie, d’Egypte et même du Soudan, mais il me manque juste celle qu’il me faut. J’essaye les autres cartes qui évidement ne fonctionnent pas, sauf Ô surprise, celle d’Egypte ! Maintenant que l’on a du réseau, je texte à Anaïs un petit message pour son anniversaire, mieux vaut tard que jamais !

Nous arrivons par chance dans le détroit de messine avec le courant propice. Midir dit qu’on est cocu, mais que je sache lui il n’a pas de copine… Un petit vent se lève et nous montons le spi : que ça fait du bien de ne plus entendre le moteur ! Le voilier est redevenu voilier, et file silencieusement à 3 nœud sous l’Etna empanaché. Nous croisons un autre voilier, au moteur. N !y aurait il que nous pour faire du spi à 3 nœud, en rasant la côte dans le détroit de Messine ?

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